Cinq choses à faire avant de confier son argent

DÉVELOPPEMENT – Vérifier avant d’investir : un réflexe à développer.

Numéro 5 brillant avant fond sombre

Début juillet, la Cour du Québec, siégeant au palais de justice de Longueuil, a condamné une femme qui s’était présentée comme conseillère en sécurité financière auprès de deux de ses amies alors qu’elle ne détenait plus les certificats requis pour exercer cette profession. Elle leur promettait des rendements exceptionnels et leur remettait de faux relevés de placement.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait déjà obtenu il y a quelques années une ordonnance de blocage à son endroit.

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Le tribunal l’a condamnée à six mois d’emprisonnement, une peine essentiellement purgée grâce au temps passé en détention préventive et l’a obligée à rembourser intégralement les deux victimes, flouées de près de 93000 $. Pendant trois ans, il lui est également interdit de gérer ou de recevoir des fonds appartenant à des tiers.

Cet exemple rappelle que la fraude repose souvent sur un sentiment de confiance mal placé. Or, quelques vérifications simples auraient permis aux victimes d’éviter le piège.

Vérifier l’inscription du conseiller

Au Québec, l’AMF tient un Registre des entreprises et des individus autorisés à exercer, consultable en ligne. Une recherche par nom permet de confirmer si une personne détient les autorisations nécessaires, les disciplines dans lesquelles elle peut exercer, pour quel employeur ou cabinet elle travaille et quel est le statut de son inscription.

Cette vérification devrait être un réflexe avant de confier son argent à quiconque, souligne l’AMF.

Elle ne suffit toutefois pas à elle seule. Certains fraudeurs empruntent l’identité d’un conseiller réellement inscrit, tout en fournissant de fausses coordonnées (courriel, téléphone, site Web). Mieux vaut donc utiliser les coordonnées figurant au registre pour joindre directement le représentant et confirmer son identité.

Se méfier des promesses de rendements élevés sans risque

Selon l’AMF — et le gros bon sens — une offre présentant des rendements élevés sans risque devrait éveiller les soupçons. Un placement rentable qui ne comporte aucun risque relève de l’illusion.

Les hausses et les baisses des marchés font partie intégrante de tout investissement. Un professionnel sérieux prend le temps d’expliquer les risques à ses clients plutôt que de les minimiser.

Ne pas céder à l’urgence

Les fraudeurs jouent souvent sur le sentiment d’urgence et la peur de manquer une occasion exceptionnelle. Ce réflexe, aussi connu sous le nom de FOMO (Fear Of Missing Out) peut pousser des clients à agir trop rapidement.

Avant de s’engager, l’AMF suggère de se poser quelques questions :

  • Pourquoi faudrait-il investir immédiatement dans ce placement ?
  • L’offre paraît-elle crédible et réaliste ?
  • A-t-on eu le temps de vérifier l’identité de la personne ?
  • L’entreprise ou la personne est-elle autorisée à exercer ?

Le Centre antifraude du Canada (CAFC) recommande une démarche complémentaire face à toute sollicitation inattendue : se demander si la personne qui propose l’occasion aborde habituellement ce genre de sujet avec vous, si l’occasion provient simplement d’une annonce publicitaire en ligne plutôt que d’une relation établie, et si l’on ressent une pression ou un sentiment d’urgence au moment de décider.

Ne jamais envoyer d’argent à un particulier

Un représentant ne demandera jamais qu’un virement soit effectué directement dans son compte personnel ou celui d’une société inconnue.

Dans la plupart des cas, les sommes destinées à des placements transitent par des institutions financières ou des courtiers autorisés, selon des procédures établies. Les confirmations de transaction et les relevés proviennent de ces institutions, jamais du téléphone ou de l’ordinateur personnel du conseiller.

La prudence s’impose dès que l’on demande d’envoyer des fonds par virement Interac ou par transfert bancaire vers un particulier ou une entité inconnue. Avant d’effectuer un paiement, il faut aussi s’assurer que le destinataire est une institution financière ou une entreprise dûment autorisée à exercer ses activités. Pour une banque canadienne, en consultant la liste des institutions réglementées par le Bureau du surintendant des institutions financières. Pour une banque située à l’étranger, auprès de l’autorité de réglementation financière de son pays.

Grâce à l’intelligence artificielle, les faux relevés de placement deviennent de plus en plus convaincants. Des éléments graphiques tels que des logos ou encore des tableaux de rendement d’apparence authentique peuvent être copiés à partir d’autres sources et reproduits facilement.

Avant de se fier à un document qui semble provenir d’une source fiable, on devrait toujours vérifier qu’il provient réellement de l’institution concernée et qu’il est accessible via le portail sécurisé du client. En cas de doute, un appel au service à la clientèle de l’institution permet souvent de confirmer rapidement l’authenticité d’un relevé ou d’une transaction.

Se méfier des «faux amis»

Une caractéristique fréquente des fraudes financières est qu’elles sont commises auprès de personnes connues des victimes : amis, collègues, voisins ou membres de la famille. Ce lien personnel crée un faux sentiment de sécurité et amène parfois les investisseurs à sauter les étapes de vérifications qu’ils feraient normalement avec un inconnu.

Les fraudeurs exploitent aussi divers canaux pour tromper leurs victimes: téléphone, réseaux sociaux, sites Web frauduleux, applications de rencontre, courriels et messages textes.

Ces vérifications ne prennent que quelques minutes, mais elles peuvent éviter des pertes financières importantes et de longues procédures judiciaires, indique l’AMF.