Les cabinets à la défense des conseillers

LDPSF – Les cabinets se portent à la défense des conseillers en sécurité financière et affirment que dans l’éventualité où un modèle de distribution de produits d’assurance de personnes en ligne apparaît, le conseiller doit absolument faire partie de l’équation.

Les cabinets à la défense des conseillers

« C’est totalement insensé qu’il n’y ait pas de conseiller au bout de la chaîne. Ça en prend un quelque part, sois au début, sois à la fin de la chaîne », indique Daniel Guillemette, président du cabinet Diversico et administrateur à la Chambre de la sécurité financière (CSF).
 
Le professionnel en assurance de personnes représente, pour les cabinets, un incontournable dans la compréhension des choix que les consommateurs sont amenés à faire.
 
« Les clients qui feraient l’achat par eux-mêmes ne pourraient savoir si leur famille est bien protégée ou s’ils ont pris les bonnes décisions. Ce n’est pas en choisissant entre A, B, C et D, que l’on sait si nous avons pris une bonne décision. Ça prend un humain, ça prend quelqu’un qui nous conseille. Pour moi [l’ouverture de la vente de produits d’assurance sur Internet] serait un recul énorme pour l’industrie », soutient Sylvain De Champlain, président chez De Champlain Groupe financier.

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L’ouverture à la vente et à la distribution de produits sans représentant en ligne est perçue comme un double discours de la part du gouvernement.
 
« La seconde où le conseiller ne fait pas une analyse complète des besoins de ses clients, il reçoit un coup de marteau et de l’autre côté, [le gouvernement] nous dit qu’il n’y a pas de problèmes et que le client comprendra, qu’il ne faut pas être inquiet, note Daniel Guillemette. C’est une incohérence complète avec le discours de l’Autorité des marchés financiers. »
 
Les deux intervenants ne sont néanmoins pas complètement fermés à la vente en ligne. Pour eux, une telle pratique nécessite un encadrement strict.

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« Dans une industrie où le conseil joue un rôle majeur, il sera difficile de me convaincre que sans rôle-conseil, les clients vont être mieux servis, au contraire ils ne pourront jamais être servis comme ils le sont avec un conseiller, dit Sylvain De Champlain. Jusqu’où la ligne sera-telle tracée pour déterminer qu’un client a besoin d’un professionnel ? Au final, je pense qu’il devrait toujours y avoir un contact avec un professionnel. »
 
« On impose aux conseillers une responsabilité quant à la pertinence, l’exactitude et la justesse de leurs conseils. […] Qui va donner le service sur des polices achetées sur Internet comme ça, sachant qu’il n’y a personne qui sera rémunéré en conséquence ? Quelle sera la responsabilité de la personne qui sera appelée à donner le service ? », exprime Daniel Guillemette.
 
La question de l’imputabilité liée à la vente de produits d’assurance en ligne est soulevée par Daniel Guillemette. Il se demande à qui revient la charge d’assurer le suivi aux clients et la responsabilité tout au long de la durée du produit acheté par le client.
 
« Je serais pour la vente [de produits d’assurance de personnes en ligne], mais je ne vois pas comment on peut le faire. Le gouvernement semble avoir les solutions, cependant les solutions  trouvées ont été pensées en fonction de la rentabilité », ajoute-t-il.
 
Photo Shutterstock Khakimullin Aleksandr