L’économie canadienne rebondit : faut-il craindre une hausse du taux directeur ?

ZONE EXPERTS – La Banque du Canada pourrait-elle surprendre les marchés en relevant ses taux ?

Homme d’affaires incertain pensant et doutant avec le concept de point d’interrogation.

L’économie canadienne continue de montrer des signes de reprise. Après une croissance révisée à la hausse de 0,6 % en avril, elle a progressé de 0,3 % en mai. Le pays semble ainsi en voie d’enregistrer sa meilleure performance trimestrielle des trois dernières années.

La croissance annualisée du deuxième trimestre est maintenant estimée à 3,4 %. Cette progression repose toutefois en grande partie sur le secteur des ressources naturelles, notamment sur l’augmentation de la production de pétrole issu des sables bitumineux.

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La Coupe du monde de la FIFA a également contribué à stimuler l’activité économique au deuxième trimestre. Cet effet devrait toutefois demeurer ponctuel et ne devrait pas soutenir la croissance à plus long terme.

Comme largement anticipé, la Banque du Canada (BdC) a maintenu son taux directeur inchangé lors de sa dernière réunion, tenue le 15 juillet. Le gouverneur de la banque centrale, Tim Macklem, a indiqué que la croissance de l’économie canadienne devrait s’améliorer au deuxième trimestre de l’année, alors que les pressions inflationnistes s’atténuent et que les entreprises canadiennes continuent de s’adapter aux tarifs douaniers américains.

Notre position à l’égard des taux d’intérêt demeure constante. À la même période l’an dernier, nous avions anticipé au moins deux baisses du taux directeur au deuxième trimestre de 2025. Cette prévision s’est effectivement concrétisée.

Ces baisses de taux se seraient probablement poursuivies cette année si le conflit avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, à la fin de février, n’avaient pas entraîné une forte hausse des prix du pétrole, ravivant ainsi les craintes inflationnistes.

Nous estimons que dès que le pétrole pourra de nouveau circuler librement, que ce soit par le détroit d’Ormuz ou par les nouveaux pipelines actuellement en construction, les pressions inflationnistes devraient s’atténuer. Ce recul de l’inflation pourrait alors ouvrir la voie à de nouvelles baisses de taux, notamment afin d’alléger la pression exercée par les niveaux d’endettement élevés dans plusieurs pays.

Selon nous, ce mouvement devrait d’abord être amorcé par la Réserve fédérale américaine, puis suivi par d’autres banques centrales, dont la BdC.

Sommes-nous à l’abri d’une hausse des taux entre-temps ?

Il faut reconnaître que la crédibilité des banques centrales a été ébranlée pendant la pandémie. À l’époque, elles avaient tardé à relever les taux d’intérêt parce qu’elles considéraient que l’inflation serait transitoire.

Même si nous ne croyons pas qu’elles augmenteront les taux uniquement dans le but de rétablir leur crédibilité, ce risque ne peut être complètement écarté. Une telle décision pourrait toutefois suffire à ébranler la confiance des marchés et des consommateurs, provoquant un ralentissement de la consommation. Dans un tel contexte, il serait probablement inutile d’amorcer une série prolongée de hausses de taux.

Il est également important de comprendre que les pressions inflationnistes actuelles ne proviennent pas d’une augmentation excessive de la demande. Elles découlent plutôt des perturbations temporaires touchant principalement le transport du pétrole. Lorsque la situation se normalisera et que le prix du pétrole diminuera, l’inflation devrait elle aussi reculer.

C’est pourquoi nous estimons peu probable que les banques centrales prennent une décision susceptible d’affaiblir sérieusement l’économie dans le seul objectif de restaurer leur crédibilité.

Que devrions-nous faire au moment de renouveler notre hypothèque ?

Depuis la reprise du conflit avec l’Iran, les taux obligataires ont augmenté au cours des dernières semaines. Les taux hypothécaires fixes ont suivi la même tendance et sont maintenant sensiblement plus élevés que les taux variables. L’écart se situe actuellement autour de 0,7 %, ce qui correspond approximativement à l’effet de trois hausses du taux directeur.

Comme nous ne prévoyons pas une nouvelle série de hausses importantes des taux, nous continuons de privilégier le taux variable.

Certains emprunteurs peuvent néanmoins se sentir plus à l’aise avec la stabilité et la tranquillité d’esprit qu’offre un taux fixe. Pour ceux qui sont prêts à accepter un certain niveau de risque, une stratégie possible serait de commencer avec un taux variable, puis de convertir l’hypothèque en taux fixe lorsque les taux obligataires et les taux hypothécaires fixes auront diminué.

Cette stratégie doit toutefois être utilisée avec prudence. Elle est surtout avantageuse auprès des institutions financières dont le taux de conversion n’est pas établi à partir d’un taux affiché largement supérieur aux taux réellement négociés sur le marché. Un courtier hypothécaire pourra expliquer les conditions applicables et déterminer si cette option convient à chaque situation.

Faites donc appel à un courtier hypothécaire afin de vous assurer que votre client bénéficie du meilleur programme disponible sur le marché.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, en mesure d’accompagner son client et de lui faire pleinement comprendre les conséquences de ses choix financiers. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?