iA Groupe financier commence à analyser la possibilité d’étendre ses activités ailleurs qu’au Canada et aux États-Unis.
« J’aimerais ça qu’on le regarde assez rapidement, la possibilité d’aller dans une autre géographie », répond son PDG, Denis Ricard, en entrevue le 5 août en marge de la publication des résultats du deuxième trimestre.
« C’est un mandat que j’ai donné à un de mes exécutifs, de regarder ça », ajoute le patron de l’assureur dont le siège social est établi à Québec.
Le processus n’en est qu’à ses débuts et les investisseurs ne doivent pas s’attendre à une annonce avant quelques années, précise le dirigeant.
« C’est tellement au balbutiement que je ne sais pas encore où l’on va regarder, admet Denis Ricard. Ça va être ça le mandat de la personne. »
Cette analyse prend du temps, car « il faut que tu analyses plein de choses : la réglementation, la fiscalité, etc. », souligne le dirigeant.
L’assureur, aussi connu sous le nom de l’Industrielle Alliance, a mis cinq ans entre le moment où la direction a envisagé de faire une grande acquisition aux États-Unis et sa première transaction en 2010, raconte Denis Ricard.
De manière générale, la stratégie serait de viser un segment où iA Groupe financier « est vraiment bon », explique l’homme d’affaires, qui donne en exemple l’assurance-vie.
Des coffres bien garnis
En attendant, les coffres d’iA Groupe financier sont bien garnis et la société veut réaliser des acquisitions dans les marchés où elle a déjà une expertise au Canada ou aux États-Unis.
La direction estime qu’elle dispose de 1,1 milliard de dollars (G$) de capital pouvant être déployé. Elle croit pouvoir générer 700 millions de dollars (M$) en capital excédentaire en 2026.
« On peut faire (une acquisition de) 2 G$, ce n’est pas un problème », affirme Denis Ricard.
La société arborant un éléphant sur son logo aurait ainsi les moyens de réaliser la plus grosse acquisition de son histoire. En 2020, elle avait acquis le spécialiste des garanties distribuées par les concessionnaires automobiles IAS, pour l’équivalent de près de 1 G$.
La valeur d’iA Groupe financier a plus que doublé depuis si bien qu’une acquisition « en bas de 500 M$ ne ferait pas beaucoup bouger l’aiguille », souligne-t-il.
Si le marché canadien de l’assurance est consolidé, Denis Ricard croit qu’il y a des occasions dans les segments de la gestion de patrimoine au Canada et de l’assurance-vie aux États-Unis.
Des résultats supérieurs aux attentes
L’assureur a dévoilé, la veille après la fermeture des marchés, des résultats financiers supérieurs aux attentes des analystes.
La société a enregistré un bénéfice tiré des activités de base de 330 M$ au deuxième trimestre clos le 30 juin dernier, une hausse de 1 % par rapport à 327 M$ à la même période l’an dernier.
Suivi de près, son bénéfice ajusté par action s’est établi à 3,68 $, une augmentation de 5 %.
Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 3,40 $, selon la firme de données financières LSEG.
L’analyste Doug Young, de Desjardins Marché des capitaux, qualifie l’écart de « solide performance », dans une note. « La division d’investissement, l’assurance au Canada et la gestion de patrimoine ont surpassé les attentes, tandis que les activités américaines sont sous les prévisions », résume l’expert.
Au sujet du marché américain, Denis Ricard souligne que les activités d’assurance-vie individuelle vont relativement bien, mais que la situation est plus difficile du côté des garanties distribuées par les concessionnaires automobiles.
Il reconnaît que la performance du segment des garanties automobiles est décevante, mais il souligne que l’entreprise a posé plusieurs gestes. iA Groupe financier a recruté des vendeurs « chevronnés » afin de trouver de nouveaux concessionnaires comme clients.
« On a amélioré notre service, affirme Denis Ricard. On a amélioré notre technologie. Pis là, on est à la chasse. »
L’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, fait toutefois une mise en garde aux investisseurs, soulignant à quel point il est difficile de faire des prévisions pour l’industrie de l’assurance.
« Nos scénarios sont sensibles à de petits changements, ce qui peut entraîner des variations du prix de l’action qui sont souvent extrêmes », juge-t-il.
« Nous croyons que l’action va bien faire, mais nous croyons aussi que les valeurs dans l’ensemble de l’industrie sont dans le haut de la fourchette que nous considérons comme raisonnable », enchaîne-t-il.
L’action d’iA Groupe financier a terminé la séance en hausse de 5,83 $, ou 2,81 %, à 212,55 $ à la Bourse de Toronto en fin d’après-midi.